Interview de Nosfell

Je suis tombé il y a quelques jours sur un entretien avec Nosfell dans un journal local. Je me permets donc de la retranscrire, car je l’ai trouvée assez interressante.

Je vous avais présenté Nosfell, il y a peu, suite aux impressions du concert de Mende. On en apprend un peu plus sur ce personnage intrigant.

D’où vient l’univers de Nosfell ?

“J’avais cet univers en moi depuis que je suis gamin. La musique m’a permis de rendre cet environnement moins hermétique aux autres. Pour moi, ce n’est pas un monde féérique mais plus un bestiaire qui peut se comparer, sans prétention, aux choses présentes dans l’inconscient collectif ou dans les contes de Grimm.”

Pourquoi avez-vous inventé un langage ?

“En fai, j’ai surtout inventé une forme qui vient des rapports ambigus que j’entretenais avec mon père. Il était polyglotte et je ne le comprenais pas toujours. Lorsque j’ai voulu m’affranchir de cette relation, j’ai voulu créer un langage cohérent. J’avais vraiment la volonté d’exorciser quelqueNosfelle et Pierre Lebourgeois chose. Naturellement, j’ai voulu donner à cette chose qui me prenait la tête une cohérence. Par exemple, je me plie à des règles de grammaire. Cette langue n’est pas un concept, elle fait partie de moi.”

Comment accordez-vous cette langue à vos mélodies ?

“Je n’utilise pas mon langage dans tous mes moments musicaux. J’ai grandi comme beaucoup de gens de ma génération dans la musique anglosaxone. Mon langage peut donner une forme un peu baroque à ma musique, on peut avoir du mal à s’immiscer dans cette langue. C’est aussi ce qui me plaît dans cette démarche. C’est une recherche esthétique, où la musicalité prime. J’écris des chansons, mais elles peuvent être considérées comme des morceaux musicaux. J’ai quand même la volonté de ne pas faire une musique extrêmement instrumentale. Je ne veux pas que les gens s’ennuient !”

A quoi ressemble un de vos shows ?

“En fait, ca dépend beaucoup des endroits où on joue. Pour nous, c’est important de changer la liste des morceaux tous les jours. On a un morceau d’introduction qu’on garde mais pour le reste l’ordre des chansons change tout le temps. Si le lieu est fermé ou ouvert, le public ne réagit pas de la même façon. Ils n’ont pas la même écoute assis confortablement dans un théâtre que debout en plein air. Dans un endroit fermé, j’ai tendance à plus étirer les histoires de mon bestiaire que je raconte sur scène. Je titille la patience des gens. En plein air, je raconte moins, il y aura plus d’instrumental.”

C’est votre deuxième album… Vous avez appréhendé sa création différemment du premier ?

“On a fait des concerts pendant des années et on a fini par enregistrer un premier disque. Pour le deuxième, c’est complètement différent. On a arrêté la tournée le 15 janvier 2006 et le 2 février on était déjà isolés en Bretagne pour enregistrer des choses avec une trentaine de pistes. On a enregistré des maquettes et des chansons définitives, et on a commencé à écrire. C’était un exercice compliqué, risqué et excitant.”

Propos recueillis par Juliette Rouleaux - Source : Le Journal des plages - 21 / 29 Juillet 2007 - Editions Roussillon / Côte Vermeille.

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5 Responses to “Interview de Nosfell”

  1. Juliette Says:

    Bonjour,
    Juste un mot en passant pour te remercier de faire écho à cette interview que j’ai réalisée ! C’était un plaisir de discuter avec Nosfell qui s’est montré très disponible.
    A +

  2. Cyril Lopez Says:

    Salut Juliette !
    Belle interview, il est plaisant de lire des entretiens de personnes si mystérieuses ;)
    Klokochazia est si intrigante…
    Merci à toi !

  3. Lhawsa Khukri Says:

    He He merci Cyril !!
    T’as visé juste, effectivement ça me fait bien plaisir de lire cette petite interview qui m’apporte quelques détails en plus que je n’avais pas lu dans d’autres ! Sacré personnage ce Nosfell ! Dommage qu’ils aient pas posé de questions à Pierre Lebourgeois. (ça me frustre qu’ils aient tendance à le passer un peu à la trappe)
    Moralité je pense que c’est bien mieux de le voir dans une petite salle que dans une grande (il disait préférer les petites salles de toute manière), si ça peut nous permettre d’avoir des petites séquences de “contes”, je trouve que c’est une des parties les plus interessantes du spectacle aussi :)

  4. Lhawsa Khukri Says:

    Désolé pour le message en deux parties mais je n’avais pas vu le commentaire de Juliette, que je tiens évidemment à remercier pour l’interview ;)

  5. Cyril Lopez Says:

    C’est exact, ses petites histoires : du pur bonheur ! Un concert de Nosfell, sacré évasion en perspective !

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